la place emblématique de marrakech, la place "Jemaâ El Fna"

Publié le par M. INTEZGA atif

Déclarée patrimoine de l’humanité par l’Unesco en 2001, la place Djemaa El Fna est un lieu a ne pas manquer de Marrakech. Difficile de visiter cette ville sans faire un détour à ce véritable artère névralgique de la Médina. Le charme de la place Djemaa El Fna qui provient de la multitude d’artistes de rue et des kiosques de vente alimentaire attire les touristes qui affluent en masse à Marrakech. La ville est, en effet, la première destination touristique au Maroc.
                              
A Djemaa El Fna,on a l’impression que les touristes étrangers sont plus nombreux que les habitants locaux. Se promenant en groupes, ils prennent leur temps pour apprécier la particularité de l’ambiance qui règne sur les lieux. Chaque jour voit défiler des milliers de touristes de tous les pays qui mitraillent la place par leurs appareils photos et leurs caméras vidéo. En 2006, Marrakesh a attiré 1,5 million de touristes du total des 6.6 millions. Ce chiffre devrait atteindre 2 millions en 2007 et 2,5 millions en 2008.
 
Qualifié de carrefour culturel du Maroc, Djemaa El Fna perpétue bon nombre de professions séculaires. On y trouve les conteurs d’histoires qui viennent d’une ère qui a précédé de longtemps la radio, la télévision, le cinéma et le téléphone. Les narrateurs itinérants continuent d’apporter au public plaisir et divertissements. Bien que ne comprenant pas l’arabe, Jacqueline Darfou, une touriste française, tient à écouter avec une grande attention un conteur de Djemaa El Fna. Fascinée, elle suit ses gestes minutieux. C’est pour la première fois qu’elle visite Marrakech et elle n’a jamais pu imaginer qu’un tel métier existe encore. Des enfants et des adolescents entourent le conteur qui de temps en temps suspend sa narration pour demander à l’assistance quelques dirhams. Talentueux, il raconte des histoires de mille et une nuit qui fascinent le public et le plongent dans un monde mythique.
Un fonds de 400.000 dirhams a été mis en place par le Conseil communal de Marrakech en faveur des conteurs de la place Djemaa El Fna. L’objectif est de sauvegarder le patrimoine oral de cette place séculaire. Une association a été créée en 2005 dans ce sens. Elle regroupe les conteurs de la “Halka”. Ces derniers apprennent à des jeunes le métier de conteur et leur lèguent cet héritage. C’est une façon pour garantir sa perpétuité et ainsi de veiller à ce que ce patrimoine oral ne disparaisse pas. En contrepartie, ils reçoivent des allocations mensuelles.
A côté de lui, quelques voyantes, assises à même le sol, appellent les passants avec insistance, promettant de leur dévoiler plusieurs secrets de l’avenir. L’air amusé, Karima Maati, une jeune femme, s’approche de l’une d’elles. Vêtue d’une djellaba noire et coiffée d’un foulard qui cache la moitié de son visage, la voyante étale ses cartes, fait semblant de méditer avant de lui dire qu’elle est ensorcelée et a besoin d’un talisman spécial. Karima éclate de rire et lui donne quelques dirhams. Elle ne croit pas au don des voyantes mais voulait simplement passer un agréable moment dans ce lieu qui semble remonter à quelques siècles. A Chaque fois qu’elle vient à Marrakech, cette jeune enseignante ne peut s’empêcher de recourir à l’une des voyantes de la place pour s’amuser.
A la tombée du jour, la foule converge vers Djemaa El Fna afin de goûter à la fraîcheur du soir en assistant à des spectacles familiaux. Des acrobates montrent au public leur habilité. Ils jouent un spectacle tout autant éblouissant qu’improvisé. Ils jouent de leurs corps avec agilité et souplesse pour se déplacer ou en faire des pyramides. Ils réalisent des acrobaties dignes du meilleur cirque du monde. Ils font leurs numéros, pieds nus, habillés éternellement d’une tenue rouge et verte, à même la terre. Leur spectacle impressionnant subjugue les passants qui n’hésitent pas à prendre des photos pour se souvenir de ce moment particulier. Samir, l’un des acrobates, nous explique que depuis l’âge de quatre ans, son père l’entraînait pour exercer ce métier. « Il était lui aussi acrobate à cette place. Il m’a appris pendant des années les astuces du métier. », dit-il. Grâce à sa profession, Samir arrive à subvenir aux besoins de sa famille. Mais, il reconnaît que depuis quelques années, le revenu commence à diminuer malgré l’augmentation du nombre des touristes. « Nombreux sont ceux qui se contentent d’apprécier le spectacle et de prendre des photos sans rien donner. », se désole-t-il.
Les charmeurs de serpents font danser des vipères apprivoisées à la grande stupéfaction du public. Quelques-uns d’entre eux achètent leurs serpents alors que d’autres les chassent eux-mêmes comme El Haj El Mahjoub. Celui-ci explique qu’il ne s’improvise pas chasseur de serpent qui veut. Une seule erreur d’identification sur une cible peut conduire à la mort. « Il faut faire preuve de beaucoup de professionnalisme et avoir un grand courage pour pratiquer le métier. », signale-t-il. Il est chasseur de serpent depuis une trentaine d’années. Plusieurs fois par an, il parcourt seul les montagnes pendant des jours voire des semaines pour chasser quelques serpents.
Au milieu de la place, les porteurs d’eau ainsi que les dresseurs de singes posent pour les touristes. Les tatoueurs de henné arrivent à attirer plusieurs clientes marocaines et étrangères. Samira Lâattafi, une jeune fille de vingt-et-un an exerce ce métier depuis quatre ans. Etudiante, elle pratique sa profession le soir pour arriver à financer ses études. C’est sa tante qui lui a appris les secrets du métier depuis sa tendre enfance.
Pendant la nuit, la place devient un restaurant en plein air. Les vendeurs ambulants montent leurs étals où l’on s’attable. Différents plats marocains sont servis aux clients à un prix raisonnable. Presque tous les mets traditionnels sont proposés. Les Marocains n’hésitent pas à s’installer pour goûter les délices des plats concoctés avec un grand professionnalisme. Quant aux touristes, les serveurs qui ont appris quelques phrases de différentes langues essaient de communiquer avec eux. Toute cette ambiance est entourée par une série de calèches qui vendent du jus d’orange frais.
Marrakech, fortement empreinte de la culture et des arts andalous, garde encore aujourd’hui les traces de ce passé de mixité.C’est un espace unique en son genre de spectacles et de loisirs, qui attire sans cesse des visiteurs venus de tous les coins du monde pour assister aux spectacles populaires animés par de véritables artistes. La place Djemaa El Fna reste un témoin fidèle et magnifique de son propre passé.


Magharebia.com (re-travaillé)


Publié dans Culture

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