Marrakech En Poéme

Publié le par M. INTEZGA atif

Marrakech, je n’ai trouvé de sens à ton nom dans aucune langue.
C’est dire que pour moi tu n’appartiens à personne.
Aujourd’hui, tu es à la recherche d’un nouveau look.
Tu veux avancer, tu n’es pas à tes premiers pas.
Tu te débats pour affirmer une nouvelle image ; robe, senteurs et parure, tu te fais belle pour intéresser ton nouveau monde.

Que t’arrive t-il, toi qui plus rien, ne fais rougir ?
As tu trouvé ce que tu as cherché pendant mille ans ?
Marrakech ma ville, je te passe le bonjours de feu grand père.
Il m’a demandé de tes nouvelles.

Je lui ai dit que tu te portais bien, tellement bien qu’il ne te reconnaîtrait pas.

Il m’a alors parlé de toi comme je ne t’ai jamais connue, du quartier Ben Youssef et de ses splendeurs, d’Amseffeh, et de Sidi Belaabass, de L’mouacine et de Laksour, de Lmellah et de Riad Zitoune,…des oliviers qu’il a planté de ses propres mains.
Il m’a parlé longtemps, mais tellement peu, d’un temps ou tes cigognes ne migraient pas, ou la modestie était un gage de dignité, ou l’humour était un partage d’affinités, ou ta gloire était sculptée sur tes murailles, ou tes étoiles étaient scrutées en plein soleil, ou la générosité habitait tes vergers, ou la fraîcheur embaumais tous tes quartiers.

De tous les noms que l’on t’a donné, celui de « l’bahja » m’est le plus cher ;
de tous les temps que tu as vécus, celui de ton irrigation m’est le plus proche.
Rose parmi les roses, tes lumières caressent le flanc de tes montagnes qui n’ont d’yeux que pour tes jardins.

Rappelles toi Marrakech, toi qui parlais par la bouche des sages, tu as toujours des Khettaras, que ne sauront égaler toutes tes bouches d’arrosage.
Ta fontaine « Chreb ou Chouf »  regarde passer les gens, indifférents à sa beauté, cette beauté qui est la leur. 

 Première de toute ta classe, tes contemporaines te tirent leur révérence.
Fès la plus compatissante, te salue et te rappelle, qu’une fois gentrifiée, tu rechercheras tes anciens locataires, pour allumer tes fours, remplir tes hammams, égailler tes souks et échauffer ta Dakka.

                                                       Soubat OIDIE-Architecte urbaniste

 

                                                                                          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Patrimoine-Histoire

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